La banque islamique est-elle vraiment islamique?

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1355le 08-09-10 à 10:58  Lu :2891 fois
   
  
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Mon credo: pour connaître une vérité, il faut savoir en confronter plusieurs...
Salut,
Personne n'ignore que tôt ou tard, les banques dites islamiques vont s'installer au Maroc. Avec la signature du protocole du GATT, les pays signataires ont accepté la libre circulation des Biens financiers, cela à travers le monde...Ce protocole doit, conformément à ce protocole, débuter à partir de 2010...
Le protocole du GATT limite dans une très grande mesure tout protectionnisme Étatique dans ce sens...
L'installation des banques dites islamiques est donc à considérer comme une réalité. Ce sera une sorte d'alternative aux banques dites traditionnelles, comme nous les connaissons aujourd'hui.
Cela veut dire aussi que tôt ou tard, nous serons amenés à faire des transactions économiques avec ces banques, ne serait-ce que pour l'acquisition d'un logement: "halal".
Maintenant, cette réalité qui s'approche doucement, mais sûrement doit nous amener à une réflexion approfondie, face au phénomène: banques "islamiques"...
0 prélude:
- Qu'est-ce qu'on veut dire par banque islamique et est-ce que cette appellation ne porte-t-elle pas une certaine contradiction?
* Voilà la charge sémantique que recquiert le mot banque...
A- La banque:
* banque, nom féminin
Sens 1 Entreprise de commerce de l'argent via des réceptions et avancements de fonds, des prêts, la gestion de valeurs boursières.
* Une banque est une entreprise qui fait le commerce de l'argent : elle reçoit des capitaux placés sur des comptes (d'épargne ou non), échange de la monnaie, prête de l'argent à des taux et moyennant des commissions variables, exécute pour le compte de tiers toutes opérations de ce genre et se charge de tous services financiers.
B- Origine:
* Le mot ''banque'' apparaît dans la langue française au XV siècle. Les banquiers du nord de l'Italie réalisaient leur travail dans des lieux ouverts et s'installaient sur des bancs, d'où dérive probablement le nom.
Remarque 1
le mot banque a une connotation bien précise dans le cerveau du monde occidental.
Remarque 2
Pour nous les musulmans, nous avons à l'origine une autre appellation, dans le sens de l'Islam: Maison de fonds des musulmans: " Baït Mal El Mouslimines"
- Question: Pourquoi le monde musulman n'as pas gardé une appellation qu'il a déjà:" Baït Mal El Mouslimines", qui a une connotation purement islamique pour la substituer à une autre: "banque", qui a une connotation purement occidentale?
A suivre...

  




 Réponse N°1 6094

re
  Par   marocagreg  (Adminle 08-09-10 à 11:56

L'équivalent de baït mal al mousslimine aujourd'hui c'est le ministère des finances : c'est lui qui reçoit les impôts et c'est lui qui doit les redistribuer selon les besoins.




 Réponse N°2 6110

La banque islamique, une alternative?...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 08-09-10 à 15:56



عن أبي هريرة -رضي الله عنه- أن رسول الله -صلى الله عليه وسلم- قال: (مثل الذي يتعلم العلم ثم لا يحدث به؛ كمثل الذي يكنز الكنز فلا ينفق منه).

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « L’exemple de celui qui apprend la science sans l’enseigner est comme celui qui thésaurise de l’argent sans en verser en aumône. » Rapporté par Tabarâny et authentifié par Albany.

Pour commencer, une vérité: L’argent ne peut créer à lui seul de l’argent. Seul l’action du capital physique et du travail font l'argent " Halal", c'est-à-dire conforme à la "Chariâa".

Maintenant analysons le phénomène banque "islamique".

La banque islamique est apparue pour la première fois, comme idée sur la scène internationale, en 1975.

La banque islamique est considérée comme une alternative aux banques occidentales. Ces banques sont considérées comme étant loin de répondre aux préceptes de l'Islam.

D'un côté, celles-ci utilisent l'usure et l'intérêt pour gagner de l'argent.

D'un autre côté, ces banques se servent de la monnaie comme une marchandise...

Or, la monnaie n'est pas une marchandise qui se vend ou se loue. La monnaie est un moyen d’échange ni plus ni moins...

Mais selon les préceptes islamiques, “ Les formes de l’Usure ne sont pas moins de soixante treize, qui représentent autant de délits. Le moins grave d’entre eux équivaut à s’accoupler avec sa propre mère ! “ Un Hadith du Prophète (PBSSL)

L'usure cache plusieurs formes qu'il s'agit de découvrir pour en dénoncer les méfaits!

Puisque l'Islam est venu pour organiser les rapports humains: ici et maintenant, et la bas et pour toujours, celui-ci a précisé avec minutie et rigueur les règles/lois qui organisent ces rapports...

Ainsi l'économie est traitée avec plus de rigueur et d'organisation:

En économie, l’Islam se base sur les principes suivants! :

1. Interdiction de l’intérêt. Pas d'usure: je vous prête 200000 Dhs, vous devez les rembourcer 200000 dhs. Un seul dhs de plus, c'est de l'intérêt! "

Ahmed rapporte225/5 d'après Abdellah ibn handala, le Prophète Salla-llah allahi wa salam a dit: "Manger un dirham provenant de l'usure sciemment est plus grave que trente-six foix l'adultère."

Allah dit :

{ Ceux qui mangent (ratiquent) de l' intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu' ils disent: "Le commerce est tout à fait comme l' intérêt". Alors qu' Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu' il a acquis auparavant; et son affaire dépend d' Allah. Mais quiconque récidive... alors les voilà, les gens du Feu ! Ils y demeureront éternellement. Allah anéantit l' intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes. Et Allah n' aime pas le mécréant pécheur. } [Sourate 2 - Versets 275 -27 ]

Ubada ibn as-Samit a rapporté que le Prophète a dit :

« L’échange de l’or contre de l’or, de l’argent contre de l'argent, de la monnaie (en papier) contre une monnaie de la même nature , du blé contre du blé, des dattes contre des dattes doit se faire en parfaite égalité et séance tenante. Quiconque donne un surplus ou l’exige tombe dans l’usure. » [ Rapporté par Mouslim dans son Sahih ].

Il a été rapporté de façon sûre d’après Djabir que le Messager d’Allah a maudit celui qui se nourrit d'usure, celui qui la produit, celui qui l’enregistre et celui qui en sert de témoin… Il a dit qu’ils sont tous pareils. [Rapporté par Mouslim ].

2. Encouragement à la participation aux bénéfices et aux pertes dans les investissements.

3. Condamnation de la thésaurisation.

L'Islam s'oppose à la thésaurisation, à la concentration du capital, aux monopoles. Il condamne les exploiteurs et toutes les formes d'exploitation.

Les "traditions" islamiques ont donc dénoncé tout particulièrement le fait de garder l'argent en stagnation. Cette dénonciation souligne un autre aspect de la lutte de l'Islam contre la thésaurisation.

Le Saint Coran condamne sévèrement les thésauriseurs des richesses et dit: "Annonce un châtiment douloureux à ceux qui thésaurisent l'or et l'argent sans rien dépenser dans le chemin d'Allah; le jour où ces métaux seront portés à incandescence dans le feu de la Géhenne et qu'ils serviront à marquer leur front, leurs francs et leur dos: "Voici ce que vous thésaurisiez; goûtez ce que vous thésaurisiez!". (Sourate al-Tawbah, 9: 34-35)

le coran qui dit « a ceux qui thésaurisent or et argent sans les dépenser dans la voie de DIEU, fais l'annonce d'un châtiment douloureux » (1)

L'Imam al-çâdiq (P) a dit à l'un de ses compagnons:

"On ne peut laisser, à sa mort, rien de plus lourd et de plus pesant que l'argent liquide".

Son compagnon lui a demandé alors: "Et que doit-on donc en faire?"

L'Imam lui a répondu :"On doit l'investir dans un jardin, une ferme ou une maison".

L'argent ne doit donc pas être investi dans une banque à intérêt!

4. Valorisation du travail: Allah a substitué à l’usure des voies licites d’acquisition d’argent comme l’exercice d’un travail chez les employeurs

D'apres Abu hurayra, le Prophète Salla-llah allahi wa salam a dit: " il viendra sûrement pour les hommes un temps ou ils ne se soucieront pas comment ils auront gagné leurs biens: de ce qui est licite ou de ce qui est illicite" rapporté par Al Boukhari!

A suivre...





 Réponse N°3 6116

L'islam, le travail et l'usure...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 08-09-10 à 20:42



Pour commencer:

- « Alors qu’Il vous a détaillé ce qu’Il vous a interdit, à moins que vous ne soyez contraints d’y recourir » [Sourate Al-An'am : 119].

- Abû Hurayrah que Dieu l’agrée - rapporta que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - dit : "Malheur aux princes, malheur aux chefs, malheur aux trésoriers. Il est des gens qui, le Jour de la Résurrection, souhaiteront être suspendus aux étoiles par les cheveux, entre les cieux et la terre, plutôt que d’avoir pris une responsabilité dont ils n’étaient pas dignes."

Maintenant:

L'islam, comme tout le monde le sait, combat l'usure, les usuriers et donne deux alternatives à l'usure: le travail et l'aumône

1- L’usure est définie comme le fait de prêter quelqu’un une somme d’argent sous condition que cette somme sera remboursée en rajoutant une valeur qu’on appelle intérêts.

2- « Le Messager d’Allah ( bénédiction et salut soient sur lui) a maudit celui qui se nourrit d’usure , celui qui la fournit , celui qui l’écrit et ceux qui en témoignent en disant qu’ils sont tous pareils » ( rapporté par Mouslim dans son Salih , N°1598).

Le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : "L'usure, même s'il augmente apparemment, son augmentation mène, en réalité, à l'amoindrissement".

3- Dieu dit dans le Saint Coran :

« Ceux qui sont chargé de l'usure dans la même situation que ceux qui sont contrôlés par l'influence du diable. C'est parce qu'ils prétendent que l'usure est la même que celle du commerce. Cependant, Dieu permet que le commerce, et interdit l'usure. Ainsi, celui qui n'écoute ce commandement de son Seigneur, et s'abstient de l'usure, il peut garder ses gains antérieurs, et son jugement appartient à Dieu. »

4- Dieu permet donc le commerce et condamne l'usure...

- Le commerce, bien que beaucoup de personnes le définissent comme : l'achat et la vente est plus que cela!

Le commerce, c'est (le travail dur) comme une source de gain légal. L’Islam favorise donc le travail dur et lutte, avec force, contre toute sorte de pression financière imposée aux individus.

Les raisons de cette interdiction de l'usure consistaient à briser l'exploitation de l'homme par l'homme, réhabiliter le travail, et prohiber les contrats usuraires.

L’interdiction de l’usure, y compris les intérêts bancaires, a donc pour fondement en islam le fait que la richesse ne peut générer de la richesse, sans travail et sans risque.

5- L'aumône reste une solution pour ceux ou celles qui déposent leur argent dans les banques usurières...

Les autorités musulmanes invitent donc les fidèles qui déposent des capitaux dans des entreprises bancaires non musulmanes à retirer les intérêts en les donnant aux musulmans pauvres, conformément à une « fatwa » répondant à la révélation du Coran : « Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens ne vous produira rien auprès de Dieu. Mais tout ce que vous donnerez en aumône pour obtenir les regards bienveillants de Dieu vous sera porté au double ».

"Allah anéantit l' intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes. Et Allah n' aime pas le mécréant pécheur." Sourate 2 - Verset 276

Le Prophète - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - a dit : "Dieu accepte les aumônes et les prend de Sa main droite, puis Il les fait grandir pour chacun de vous de la même façon que l'un d'entre vous ferait grandir son poulain, en sorte que la bouchée [donnée en aumône] devienne semblable en importance à la montagne d'Uhud.".

A suivre...




 Réponse N°4 6119

La banque "islamique": un choix pragmatique...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 09-09-10 à 02:50

Le fonds des banques dites "islamiques" pèse la somme colossale de 4000 milliards de dollars...

C'est une aubaine pour la finance des banques occidentales qui, séduites par la "réussite" extraordinaire de ces banques, espèrent en tirer le plus grand profit. L'intérêt est de taille si on considère que la clientèle potentielle de ce marché se compte par millions...

Face à ce phénomène qui prend de l'ampleur et devant la capitalisation mondiale des transactions bancaires, les produits "islamiques" sont vus comme une des solutions les plus séduisantes pour réinstaurer l'équilibre, après le déséquilibre engendré par la crise économique mondiale...

Mais, le pragmatisme de la grande-Bretagne et de la France ne peut cacher la réalité d'une banque qui se masque derrière le nom de l'Islam pour changer des termes par d'autres et tirer des profits prohibés par l'islam, au nom du droit même du musulman! L'usure considérée par le coran comme un pêché et par le Hadith comme une fornication avec l'être le plus cher: la maman est masqué par des termes comme la "Mourabaha"!

D'apres Abdellah Ibnou Mas'oud, le Prophete Salla-llah allahi wa salam a dit: "L'usure est de soixante treize sortes dont la moindre est comparable au fait de marier sa mère;"

"L'usure est de soixante-treize degrés.La moins grave est semblable au fait que l'homme commette l'acte sexuel avec sa mère.Et l'usure la plus élevée(grave) est(l'atteinte à)l'honneur du Musulman." Rapporté par al-Hakim dans al-Mustadrak,t.2,p.37.voir sahih al-jami' n°3539

C'est désolant mais c'est comme ça! On a peur de tomber dans le pêché si on risque une lecture critique de ce soi-disant finance qui ne résiste pas à une simple lecture analytique de l'un des plus profanes en matière religieuse!

D'ailleurs, le cri d'alarme est aussi mis sur la scène par des intellectuels de renommé comme M. Tariq Ramadan qui a mis en garde contre la "finance islamique", cette "l’hypocrisie" qui règne sur ce marché, contre ces promoteurs qui « ne font en réalité que remplacer le langage financier classique par une terminologie spécifique..."

Pour lui la formule est simple: " on change les noms, mais on fait la même chose.": l'usure!

D'autant plus que la réalité de la banque dite "islamique" encourage les riches à rester riches et les pauvres à demeurer pauvres!

Pourquoi? Mais parce que cette banque n'est pas une association caritative à but non lucratif! Son but est bel et bien le profit et sa croissance démesurée, par contradiction, en témoigne! 20% de croissance annuelle contre 5% pour les banques classiques les plus "prestigieuses" dans le monde...Et cela ne trompe personne, mais il suffit de bien ouvrir les yeux pour comprendre!

Qu'est-ce que la "MOURABAHA" si ce n'est de l'usure déguisée? On vous achète une voiture parce que vous ne disposez pas de liquide, ici et maintenant, pour payer comptant. On vous la revend purement et simplement en ajoutant un petit pourcentage de 50%. Plus, la voiture ne sera la vôtre qu'après avoir pu vous acquitter du dernier sous de la somme prévue...Sinon, la voiture ne vous sera pas donnée car vous n'en êtes pas le propriétaire!!!

C'est grave encore quant on regarde les statistiques relatives aux investissements au développement: projet lucratif mais à long terme. Ces projets ne mesurent que 10% des chiffres d'investissement dans ce domaine contre 30% pour les banques taxées d'usure!

D'ailleurs, M. Tariq Ramadan prône une finance éthique & solidaire: « La finance islamique peut largement contribuer à l’instauration d’un système économique juste, qui respecte l’environnement, ne laisse personne sur le bord de la route et participe au développement social. »

Citons pour conclure Dhafer Saïdane, économiste, chercheur et auteur de nombre d’ouvrages sur la finance islamique : « Nous ne pouvons pas communiquer de n’importe quelle manière sur la finance islamique, cette finance est émotionnelle mais nous devons l’aborder sous un angle pratique, pragmatique et scientifique, également, ce qui est très important. Car plus nous nous aborderons la finance islamique de manière scientifique, plus l’opinion publique, particulièrement laïque, l’acceptera et l’adoptera. »

Là encore une lecture rationnelle est lancée contre les pratiques d'une banque qui n'a rien de solidaire...

La banque "islamique" doit impérativement penser aux pays pauvres en se focalisant sur des produits de solidarité, comme celui des micro-crédits tout en essayant de partager les richesses dont elle dispose avec les pauvres, qui aspirent à une vie de musulman tel que le vrai islam confesse... La "Zakat" est l'argent des nécessiteux. L'empreint sans intérêt est aussi une manière de partager un fonds qui est en fin de compte celui des gens qui souhaitent travailler et faire bénéficier les autres des fruits de leur travail...

La justice sociale est l'un des vrais buts de l'islam qu'il faut prendre en considération! 4000 milliards de dollars... est une sommes colossale mise entre les mains de personnes qui demandent aux pauvres d'ajouter une majoration de 50% pour un simple produit de consommation, est un fait qui pousse vraiment à réfléchir... Comment se fait-il qu'on joue tout pour culpabiliser le simple musulman travailleur, qui décide de répondre au besoin le plus pressant, car fondamental pour assurer sa sécurité et sa dignité, celui d'acquérir un logement ( par exemple), tout en l'exterminant via un taux de "MOURABAHA" exorbitant? C'est un non-sens scandaleux! On achète une maison à 200000 dhs et on la vend à 300000dhs parce qu'on dispose du CAPITAL! C'est quoi ça? C'est du gain "halal", dit-on! On attend Dieu, le Juge Dernier, pour dire son dernier mot à cette réalité qui fait du riche: capitaliste, le grand usurier de ce siècle: celui des banques!

L'ISLAM ne joue pas avec l'usure et les usuriers!!! Lisons et réfléchissons... D'après Samoura ibn Djoundoub (رضي الله عنه) le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit: "J'ai vu hier (en rêve) que deux hommes sont venus me prendre pour m'amener à une terre sainte. Nous sommes partis pour arriver près d'une rivière de sang dans laquelle il y avait un homme qui se trouvait en face d'un autre installé au bord de la rivière des pierres à la main. Chaque fois que le premier voulait sortir de l'eau, l'autre lui jetait une pierre à la bouche et le ramener à son point de départ et cette opération se répétait sans cesse et j'ai dit: "qu'est-ce que c'est ?" - Il (mon compagnon) dit: "celui que tu as vu dans la rivière est celui qui se nourrit du fruit de l'usure"". (Al-Boukhâri, 1979)

A suivre...




 Réponse N°5 6123

Tout à fait d'accord!
  Par   Samira Yassine  (Profle 09-09-10 à 04:16

Salut M Idoubiya,

Vous savez cher collègue, je ne saurai trouver les mots ni faire votre analyse du phénomène mais je vous dis "je suis d'accord avec vous! vous avez tout à fait raison. je ne sais pas comment on puisse rendre légal plutot "halal" des actes qui ne diffèrent aucunement des autres pratiques usurières. Je ne pense pas pas que l'Islam ait quelque chose à avoir avec ces soit disons banques islamiques. On joue avec les appelations mais ça reste de la pure usure.

Bonne continuité . On attend la suite.

Cordialement/





 Réponse N°6 6128

discutable
  Par   marocagreg  (Adminle 09-09-10 à 11:51

je ne suis pas d'accord avec vous ! La banque, même dans la conception islamique, n'est pas une oeuvre caritative, mais une affaire commerciale, et un commerçant doit faire du profit s'il veut vivre. Le coran souligne bien qu'il y a une différence fondamentale entre l'usure et le commerce. le mot "AL BAY3" ne signifie pas aumône, mais transaction commerciale licite. Le mot Mourabaha que le fiqh a donné à l'une de ces transactions est construit sur le radical Rib7 qui signifie profit et, en islam, le profit n'est pas prohibé, ni illicite au contraire, à moins qu'il ne soit un profit exagéré ou imposé par l'une des parties. Or un client quand il fait appelle à une banque islamique, on détermine le profit par rapport à la durée où l'argent engagé sera indisponible, et le client a le choix d'accepter ou non. D'ailleurs, il ne faut pas donner des taux incertains, car le profit réalisé par la banque islamique ne dépasse pas celui que s'octroie la banque traditionnelle, sauf que, chez nous au Maroc, ces produits, dit islamiques, sont doublement imposés par l'Etat : on paie l'impôt quand on fait la transaction et on repaie l'impôt (le taux maximum dans les deux cas) quand on récupère le produit. C'est une manière de combattre ces produits, de limiter leur utilisation, car l'Etat, principal usurier, craint pour les profits énormes qu'elle tire des opérations traditionnelles. Quand vous payez les intérêts d'un crédit traditionnel, sachez qu'une bonne partie de ces intérêts va à la caisse de l'Etat !

Donc le problème, ce n'est pas est-ce que les banques islamiques font des profits tout comme les banques traditionnelles (le profit n'est pas illicite et la banque islamique n'est pas un fond caritatif mais une affaire commerciale), mais le problème, tout le problème réside dans le respect de la procédure légale. la banque islamique ne vend pas l'argent, mais un produit palpable. Il ne faut mépriser ces détails et considérer qu'ils sont de simples formalités : si vous commencez une prière et vous oubliez "takbirat al i7ram", votre prière est lourdement affectée, même si pour le non initié "takbirat al i7ram" peut paraître peu importante. Dites-moi qu'est-ce qui distingue une viande halal d'une viande non halal ? c'est le simple fait de prononcer le nom de Dieu au moment du sacrifice, en tuant l'animal de la bonne manière. pour les deux banques, c'est la même chose : elles peuvent paraître identiques, mais ce n'est pas le cas. L'adjectif islamique ne doit pas être compris comme "qui ne fait pas du profit, qui fait l'aumône" !




 Réponse N°7 6129

Contre l'usure, la dette!...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 09-09-10 à 13:09



Pour commence...

Observons ces deux équations:

La banque traditionnelle/occidentale = l'usure/intérêt!

La banque "islamique"= l'usure/intérêt! + la pire des hypocrisies!!

Dieu Le Tout Puissant et le Miséricordieux est formel contre l'usure...Mais Dieu Le Tout Puissant et le Miséricordieux donne toujours des alternatives pour rendre la vie du croyant facile...

Le Très Haut a dit: {Ceux qui mangent [pratiquent] de l'intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu'ils disent: "Le commerce est tout à fait comme l'intérêt" Alors qu'Allâh a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu'il a acquis auparavant; et son affaire dépend d'Allah. Mais quiconque récidive... alors les voilà, les gens du Feu! ils y demeureront éternellement.} (2/275)

et: {Ô les croyants! Craignez Allah; et renoncez au reliquat de l'intérêt usuraire, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allâh et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés.} (2/278-279)

Le verset coranique connu sous le nom du « verset de la dette », dans lequel Dieu prescrit la rédaction de lettres de change à titre de mesure préventive, est le suivant : « Ô les croyants ! Quand vous contractez une dette à échéance déterminée, mettez-la en écrit ; et qu’un scribe l’écrive, entre vous, en toute justice ; un scribe n’a pas à refuser d’écrire selon ce que Dieu lui a enseigné ; qu’il écrive donc, et que dicte le débiteur : qu’il craigne Dieu son Seigneur, et se garde d’en rien diminuer. Si le débiteur est gaspilleur ou faible, ou incapable de dicter lui-même, que son représentant dicte alors en toute justice. Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes ; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler. » (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 282).

L'usure est donc proscrite de la vie du musulman et condamnée comme l'un des pires pêchés...Mais en même temps Dieu Le Tout Puissant et le Miséricordieux accorde au croyant la possibilité de bénéficier du CAPITAL pour pouvoir faire du commenrce afin de sortir du cercle vicieux de la pauvreté...

C'est une évidence. L'usure est une dette à intérêt. L'usure est interdite, mais la dette ne l'est pas!

L'usure est condamnée parce qu'elle est inique/maléfique vis-à-vis du débiteur/endetté,

La dette est encouragée parce qu'elle est favorable/bénéfique vis-à-vis du débiteur/endetté,

MAIS, la dette est pire que l'usure si elle n'est pas remboursée! Cela pour défendre le débiteur, qui est dans l'obligation de prêter de l'argent aux autres afin qu'ils puissent sortir de la pauvreté...

CAR Dieu Le Tout Puissant et le Miséricordieux condamne la thésaurisation ( le fait de disposer d'une fortune et la cacher aux autres = empêcher la circulation de l'argent et par conséquent laisser les autres musulmans dans la nécessité: pauvres, ils n'ont pas les moyens ( le CAPITAL) pour devenir riches...

La dette est un DROIT pour le musulman, son remboursement est un DEVOIR...

Voilà une des meilleurs alternatives pour lutter contre l'usure...

Dieu Le Tout Puissant et le Miséricordieux a détaillé la façon de l'organiser avec une très grande minutie...

D'ailleurs, tout est expliqué dans (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah...): que ce soit l'usure prohibée ou la dette encouragée...)

Dieu ordonne aux créanciers, s’ils veulent vérifier le montant de la dette, d’avoir recours au témoignage de deux hommes ou d’un homme et de deux femmes. Le Coran ajoute, afin de lever toute ambiguïté : « en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler. » (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 282).

Le Prophète Salla-llah allahi wa salam a dit :

« Celui qui emprunte l’argent aux gens avec l’intention de le rendre, Allah le remboursera pour lui dans la vie d'ici bas et de l’au-delà. Et celui qui l’emprunte avec l’intention de le gaspiller Allah le ruinera. »

Nous devons être justes dans nos vies de tous les jours. Y a t-il meilleur qu’un martyr ? Non, il n’y a pas meilleur que celui qui donne sa vie pour Allah. Et Allah lui pardonnera tous ses péchés sauf ses dettes. Car c’est une injustice, et le prophète ne priait par sur un mort avec des dettes. Il y avait un des compagnons qui était mort avec des dettes et un autre compagnon promis qu’il lui payerait ses dettes. Et le prophète a demandé à ce compagnon trois fois si il avait remboursé les dettes du défunt et il a dit « non », puis le prophète lui a redemandé et il a dit que non et enfin il a répondu « oui », à la troisième fois. A ce moment, le prophète, a dit : « Maintenant sa peau a été refroidie. » (La peau du mort)

Abou Moûssa Al Ach'ariy (radhia Allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) a dit en ce sens :

« En vérité, le plus grand péché avec lequel un serviteur rencontre Allah, après les grands péchés (Kabaîr), c'est qu'il meure alors qu'il avait une dette (non remboursée) et qu'il n'a rien laissé pour que celle-ci soit honorée. » (Ahmad et Abou Dâoûd - "Dhaïf" - "Faible" selon Albâni -Réf: "Dhaïf Sounan Abi Dâoûd" Page 335/ Hadith 725.

Dans un autre Hadith rapporté par Abou Houraïra (radhia Allâhou anhou), voici ce qui est dit :

« L'âme du croyant reste "suspendue" en raison de sa dette, tant que celle-ci n'est pas acquittée. »

(Mousnad de l'Imâm Châféi, Ahmad, Tirmidhi, Ibné Mâdjah et Dâramiy- Authentifié par Albâni - Réf: "Sahîh Ibné Mâdja" Page 53 / Hadith 1957)

Abdoullâh Ibn Amr (radhia Allâhou anhou) rapporte pour sa part que le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) a dit en ce sens :

« Le martyr voit tous ses péchés pardonnés, excepté ses dettes. » (Mouslim)

Abou Qatâdah (radhia Allâhou anhou) rapporte un autre Hadith, dont le sens est assez proche du précédent. Il raconte :

Un homme demanda au Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) : « Ô Envoyé d'Allah ! Dites-moi... si je suis tué dans la voie d'Allah alors que je fais preuve de persévérance, j'ai espoir en la récompense divine, et que je ne recule pas (dans le combat) mais je vais (au contraire) de l'avant, est-ce qu'Allah pardonnera mes péchés ? » Le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) lui répondit: « Oui. » Lorsqu'il eut tourné le dos (pour s'en aller), le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) l'appela et dit : « En effet (tous tes péchés sont pardonnés), excepté les dettes. C'est ce que Djibraïl (alayhis salâm) (m') a dit (à l'instant). » (Mouslim)

L'attitude qu'adoptait le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) au sujet des personnes endettées est également très révélatrice :

Salmah Ibn Akwa' (radhia Allâhou anhou) rapporte, dans un Hadith cité dans le Sahîh Boukhâri, qu'une fois, on présenta devant le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) la dépouille d'une personne et on lui demanda d'accomplir la prière mortuaire. Avant de la faire, il demanda si cette personne avait laissé des dettes impayées. Lorsqu'on lui apprit qu'elle avait effectivement une dette de trois dinars et qu'elle n'avait rien laissé pour la rembourser, il refusa d'accomplir la prière funèbre et demanda aux Compagnons (radhia Allâhou anhoum) de la faire. Un compagnon (radhia Allâhou anhou) qui était alors présent, en l'occurrence Abou Qatâdah (radhia Allâhou anhou), se proposa de prendre en charge la somme due et il demanda donc au Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) d'accomplir la prière mortuaire. C'est alors que le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) accepta...

Selon Abou Horaïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « L’homme qui a les moyens et qui ne s’acquitte pas de sa dette commet une injustice. Lorsque l’un d’entre vous reçoit une délégation de créance sur une personne solvable, qu’il accepte le mandat. » Quand quelqu’un a cautionné la dette d’un mort, il ne peut renier son engagement Selon Salama Ben El Akwa, le Prophète s’en alla aux funérailles de quelqu’un afin d’y accomplir la prière, il demanda : « Le défunt a-t-il laissé des dettes ? – Non, lui répondit-on. Il effectua alors la prière. Un autre cortège funèbre étant arrivé. Il demanda une nouvelle fois :- Le défunt a-t-il laissé des dettes ?– Oui, lui répondit-on. - Dans ce cas, dit-il, faites la prière vous-mêmes sur votre compagnon. Mais, lorsque Abou Qatada s’engagea en disant : - Je prends en charge ses dettes, ô Envoyé de Dieu ! Alors le Prophète accomplit lui-même la prière. » Des engagements réalisés après la mort de quelqu’un Selon Djâbir Ben ‘Abdallah, le Prophète lui dit : « Si j’avais perçu l’impôt de Bahreïn, je t’aurais offert telle et telle somme. Mais l’impôt de Bahreïn ne parvint qu’après la mort du Prophète. Aussi, Abou Bakr ordonna de faire l’annonce suivante : - Que celui qui avait une créance sur le Prophète ou un engagement financier vis-à-vis de lui, vienne nous voir. Je m’en allai donc auprès du Khalife et lui dis : - Le Prophète m’avait dit ceci et cela. (Sur la base 17 de mes dires) il me donna une poignée d’argent. Je comptai la somme et trouvai cinq cents. – Prends encore deux fois plus, m’ordonna-t-il. » La dette Selon Abou Horaïra, l’Envoyé de Dieu appelé pour faire la prière sur un homme décédé et qui avait des dettes à sa charge, demandait alors si les biens du défunt permettaient d’éteindre la dette. Dans l’affirmative, il accomplissait la prière. Dans le cas contraire, il disait aux Musulmans : « Faites la prière pour votre compagnon. » Lorsque Dieu l’eut favorisé par des conquêtes, le Prophète dit : « Je suis plus préoccupé par la situation des Croyants qu’ils ne le sont eux-mêmes. Si l’un d’eux meurt et qu’il laisse des dettes, il m’appartient de les honorer, s’il laisse des biens, ils reviennent à ses successeurs. »

Celui qui échelonne les dettes d' un débiteur en difficulté, chaque jour comptera comme une aumône dans le chemin de Dieu.

Le droit des gens est donc bâtie sur le fait de payer tout ce qu’on leur doit jusqu’aux derniers centimes. Ainsi, celui qui fait le pèlerinage revient certes pure de ses péchés comme l’enfant qui vient de naître. Mais, il s’agit des péchés qui sont entre lui et Allah, mais en ce qui concerne les gens entre eux, ces péchés ne tombent que quand on paye ce que l’on doit. La même chose pour Ramadhan où il ne s’agit que des péchés envers Allah qui seront pardonnés. Entre les gens, soit tu les rembourses, soit ils te pardonnent. « O Mes Serviteurs ! Je Me suis interdit toute injustice et Je l’ai interdite entre vous, ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres. O Mes serviteurs ! Chacun de vous est égaré sauf celui que J’ai guidé, demandez-Moi de vous guider et Je vous guiderai. »

Les intérêts (A-Riba) sont illicites dans toutes les religions révélées et sont défendus par le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. L’ancien testament reflète aussi ce jugement : « Si tu prêtes de l’argent à l’un des fils de Chaibii, ne prends pas la position du créancier, n’exiges pas de lui des intérêts ». Verset 25, section 221 de « Kitabo Alkhourouj »

De même, dans le Nouveau Testament: « si vous prêtez [l’argent], pourquoi attendez-vous la récompense, et quelle gratitude vous aurez ? Par contre, faites du bien et prêtez sans attendre en retour des récompenses et donc vous serez amplement gratifiés ». Dans ce sens, toute l’église s’est mise d’accord, de manière catégorique, sur l’aspect prohibé des « Intérêts » (A-Riba)."

Voilà donc l'une des meilleurs alternatives pour permettre au riche d'être solidaire et au pauvre de bénéficier de la richesse du monde...

Maintenant, la vie des hommes est complexifiée, vue leur nombre qui commence à se chiffrer par des milliards...

La dette s'est institutionnalisée mais elle a pris la forme d'usure, d'intérêt. Mais aussi et malheureusement de " MOURABAH", de "MOUCHARAKA", de " MOUDARABA"!!!

La banque taxée d'"islamique" profite de la pauvreté des gens et tire des bénéfices illicites alors qu'elle accumule des richesses sans foi ni loi! 4000 milliards de dollars!!!

Une question: comment la banque "islamique" pourrait-elle devenir islamique?

J'essaierai si DIEU le veut d'y répondre avec ma logique de jeune profane dans ce domaine....

- Réflexion: Comment institutionnaliser la dette encouragée par l'islam?

A suivre...




 Réponse N°8 6130

re
  Par   marocagreg  (Adminle 09-09-10 à 13:41

la dette (accorder un crédit sans intérêts) dans l'islam n'a rien à voir avec le commerce. je crois que c'est à ce niveau qu'on ne se met pas d'accord. Vous vous entêtez à faire de la banque islamique une oeuvre de charité dont le but serait seulement d'aider les nécessiteux, de leur donner des crédits sans attendre aucun profit. Si le mot banque vous dérange, on peut parler d'entreprise islamique.

la banque islamique est une affaire commerciale qui utilise son capital pour aider les gens à court d'argent à réaliser leurs projets, mais en tirant un profit (et non de l'intérêt) de ces opérations, car elle donne pas l'argent comme dette, mais elle fait du commerce, elle agit comme intermédiaire qui s'octroie la marchandise, avant de la revendre au client (ce qui est le principe même du commerce)C'est l'Etat, à travers ses instances financières, qui doit fixer la marge du profit pour éviter toute dérive. Personnellement, je ne vois là aucune hypocrisie, sinon on va considérer tous les commerçants comme des hypocrites !

A ce propos, je crois qu'en matière de religion, il faut être prudent et ne pas formuler des jugements à la hâte. ces banques islamiques sont supervisées par des gens dont la légitimité religieuse et la science légale est reconnue par tout le monde. les comités religieux de tous les pays musulmans du monde se sont mis d'accord, d'après les préceptes religieux, sur la légitimité des banques islamiques et leur accord avec l'esprit de l'islam. Un musulman ordinaire comme moi et comme toi et qui n'a pas une science aussi approfondie, ne peut pas venir et déclarer ces banques comme des institutions hypocrites qui ne font que masquer l'usure sous le masque du commerce.

Je crois que le vrai problème n'est pas là : pourquoi chez nous les responsables sont toujours récalcitrants devant ces produits ? pourquoi ils empêchent bec et ongles l'installation de banques islamiques dans le pays alors qu'il y une large frange de la population qui préférerait recourir à ce genre d'institutions. Est-ce parce que notre pays n'aime pas l'hypocrisie ? un pays qui interdit le vin et dont les cités offrent plus de bars que celles de l'occident n'est-ce pas là la véritable hypocrisie ? Un pays qui se dit, dans sa constitution, qu'il est un pays musulman et qui, au fait, combat ce qui est musulman, n'est-ce pas là la vraie hypocrisie ?

Donc, la banque islamique ce n'est pas le diable... le diable est ailleurs !





 Réponse N°9 6131

" Commerce" veut dire travail dur...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 09-09-10 à 14:40

Salut marocagreg,

Pour commencer:

Nôtre Prophète Salla-llah allahi wa salam a dit:

" Apprenez la science et partagez-la avec les autres. Apprenez le Coran et enseignez-le aux autres ; car je suis une personne dont le destin est de quitter ce monde." (Tirmidhi)

J'essaierai de vous convaincre grâce à Dieu Le Tout Puissant et le Miséricordieux.

1- Vous avez dis: "...en islam, le profit n'est pas prohibé, ni illicite au contraire, à moins qu'il ne soit un profit exagéré ou imposé par l'une des parties. Or un client quand il fait appelle à une banque islamique, on détermine le profit par rapport à la durée où l'argent engagé sera indisponible, et le client a le choix d'accepter ou non."

Analysons si vous voulez ce petit paragraphe pour voir claire dans cette idée.

" ...en islam, le profit n'est pas prohibé, ni illicite au contraire,..." Je suis d'accord...En effet, vouloir s'enrichir est un acte légitime et encouragé par l'islam.

" ... à moins qu'il ne soit un profit exagéré ou imposé par l'une des parties." Je suis aussi d'accord avec vous...Ce que vous dites est très logique et conforme aux préceptes de l'islam.

MAIS, la banque n'exige pas un profit très exagéré de la personne qui frappe à sa porte? 50% d'intérêt ( il faut appeler un chat un chat) n'est-il pas exagéré? La transaction pour l'achat d'un bien de consommation n'est-il pas IMPOSÉE par la dite banque? Cette banque offre-t-elle des alternatives? Ne profite-t-elle pas de la situation de la personne qui la sollicite par ce qu'elle ne dispose pas du CAPITAL, ici et maintenant, pour l'achat du bien?

En quoi consiste le travail de cette banque dite "islamique"? Si ce n'est écrire deux contrats: l'un pour l'"achat" et l'autre pour la "vente"? Ni plus ni moins? Où est le travail dur dont parle Dieu Le Tout Puissant et le Miséricordieux: " Cela, parce qu'ils disent: "Le commerce est tout à fait comme l'intérêt" Alors qu'Allâh a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt."

Ce passage coranique est clair mais on a tout fait pour le défigurer! Ici le commerce, c'est le labour, c'est le travail dur, c'est le fait de se réveiller le matin pour aller bosser, mais vraiment! Et non pour faire comme si on allait travailler!!!

Résultat: La banque dite islamique ne travaille pas, mais elle amasse des fortunes en profitant du travail des autres! Elle impose des taux d'intérêt exorbitants car elle possède le CAPITAL, et profite des besoins des pauvres!

2- Vous avez écrit: "Or un client quand il fait appelle à une banque islamique, on détermine le profit par rapport à la durée où l'argent engagé sera indisponible, et le client a le choix d'accepter ou non."

Dans cette banque, "on détermine le profit par rapport à la durée où l'argent engagé sera indisponible,..." Or, le taux du profit/l'usure est déterminé d'avance...Car il s'agit d'une société à sous, comme c'est le cas pour les banques traditionnelles qui déterminent le taux fixe de l'usure...De plus, "la durée où l'argent engagé" ne dépasse pas deux ans!!!Même pour le logement! A l'opposé de l'empreint logement des banques traditionnelles qui peut durer jusqu'à 25 ans!!!

Résultat: la banque dite islamique veut gagner le maximum dans un laps de temps minimum!!! pour générer le taux de croissance qui la distingue des autres banques: 20%VS 5% pour les "meilleures" banques traditionnelles!!!

- "le client a (-t-il vraiment) le choix d'accepter ou non?"

3- Vous avez écrit:"...la banque islamique n'est pas un fond caritatif mais une affaire commerciale)"

La banque de par sa définition même est une institution à sous qui cherche à faire du profit/bénéfice par ses sous! Ni plus ni moins! Ses propriétaires sont les grands riches de ce monde qui, au lieu de se réveiller tôt comme le reste des mortelles, pour travailler et ouvrir la possibilité aux autres afin de faire de même, se contentent de voir fructifier leur CAPITAL!

L’interdiction de l’usure, y compris les intérêts bancaires, a donc pour fondement en islam le fait que la richesse ne peut générer de la richesse, sans travail et sans risque.

Alors que Nôtre Prophète Salla-llah allahi wa salam a déjà anticipé le détournement dont pourront s'en servir les usuriers retords...

D'apres Abdellah Ibnou Mas'oud, le Prophete Salla-llah allahi wa salam a dit: "L'usure est de soixante treize sortes dont la moindre est comparable au fait de marier sa mère;"

"L'usure est de soixante-treize degrés.La moins grave est semblable au fait que l'homme commette l'acte sexuel avec sa mère.Et l'usure la plus élevée(grave) est(l'atteinte à)l'honneur du Musulman." Rapporté par al-Hakim dans al-Mustadrak,t.2,p.37.voir sahih al-jami' n°3539

Résultat: Nôtre Prophète Salla-llah allahi wa salam est donc clair: un océan sépare ceux qui donnent au travail sa vraie valeur, celle prônée par l'islam et son simulacre utilisé par les banques hypocrites pour faire remplir les poches aux grands CAPITALISTES de ce monde!

4- Vous avez écrit: "la banque islamique ne vend pas l'argent, mais un produit palpable."

Un produit qu'elle n'a pas fabriqué! Un produit qu'elle n'a pas cherché. Un produit qu'elle vend avec un profit qui dépasse son prix d'origine de 50%!

Cela a un seul nom: l'usure! ( la "MOURABAHA") est l'une des soixante treize sortes de l'usure" dont a parlé nôtre prophète Salla-llah allahi wa salam.

L'Imam al-çâdiq (P) a dit à l'un de ses compagnons: "On ne peut laisser, à sa mort, rien de plus lourd et de plus pesant que l'argent liquide". Son compagnon lui a demandé alors: "Et que doit-on donc en faire?" L'Imam lui a répondu :"On doit l'investir dans un jardin, une ferme ou une maison".

Pour conclure:

Le Prophète (pbsl) a dit : " Chaque musulman doit faire l'aumône. " Les gens demandèrent : " Ô Prophète de Dieu ! Que doit donc faire celui qui n'a rien à donner ? " Il répondit : " Il devra travailler de ses mains et bénéficier lui-même de son travail, puis il devra donner en aumône (une partie de ses revenus). " Les croyants demandèrent alors : " Et s'il ne peut même pas trouver de quoi faire ? " Il répondit : " Il devra aider les nécessiteux qui font appel à son aide. " Alors on lui demanda : " S'il ne peut même pas faire cela ? " Il répondit : " Alors il devra faire de bonnes actions et se préserver du mal, et ceci sera considéré comme une aumône. " (Boukhari)

Mon credo: LE CAPITAL devient usure s'il tue le travail...

A suivre...





 Réponse N°10 6132

re
  Par   marocagreg  (Adminle 09-09-10 à 15:38

Le commerce ne signifie pas le travail, mais échange, négociation, transit. la banque fait partie du secteur tertiaire qui octroie un service et ce service est aussi important que le travail, car il le crée, le finance et l'encourage.

50 % de profit, d'abord est-ce que ce chiffre est exact dans tous les cas ? ensuite, si l'acheteur accepte de verser ce profit, il n' y a pas de problèmes du moment qu'il obtient une marchandise (autre que l'argent) de la banque. Car cette banque, en tant qu'intermédiaire, engage aussi son argent, et cet argent, si elle l'investit durant la période du remboursement, dans d'autres projets, va lui rapporter autant de profit ou même plus. ça n'a rien à voir avec la spéculation.

Remarquez que si le profit atteint ces taux aussi exagérés, ce n'est pas à cause de la banque islamique, mais à cause de l'Etat qui soumet ces produits à des impôts exagérés aussi et la banque ne peut pas faire des profits dans ce cas si elle n'augmente pas la marge du profit. si il y un hypocrite dans l'affaire ce n'est donc pas la banque !

Vous dites que les banquier doivent travailler dur comme des ouvriers pour gagner leur argent. je considère que c'est une vision populiste et simpliste, car Dieu n'a pas fait les hommes tous égaux au niveau de leur revenu (rizk) : il y a les riches et il y a les pauvres : chacun gagne sa vie légalement par les moyens qui lui ont été accordés par Dieu et on ne peut en vouloir aux riches parce qu'ils gagnent leur vie en investissant leur argent tout en restant dans leurs bureaux climatisés. si les banquiers doivent aussi prendre la bêche, la pelle ou la faucille, alors on ira droit au communisme qui a démontré son échec effroyable. Le capitalisme, avec les banques traditionnelles montrent aussi ses limites et sa dimension sauvage. l'économie islamique qu'il ne faut pas réduire à la banque veut se situer au juste milieu entre le profit légal et le service rendu au citoyen

Maintenant, pour récapituler :

1- vous considérez la banque islamique comme une banque hypocrite qui pratique l'usure d'une manière déguisée

2- vous donnez comme alternative : l'aumône et la dette (crédit sans aucun intérêt et sans profit)

1- Moi, je considère que la banque islamique (qui respecte la législation et les préceptes religieux et qui a un comité légal (religieux) qui veille sur la nature des transactions) est une banque qui fait du commerce et qui a droit au profit du moment qu'elle évite les transactions usurières. les oulémas de la oumma sont d'accord là-dessus.

2- l'aumône et la dette et la zakat sont d'autres moyens encouragés par l'islam pour établir l'équité sociale, porter secours aux nécessiteux et empêcher l'élargissement des écarts entres les classes sociales, mais l'islam a aussi montré sa préférence pour ceux qui donnent à ceux qui reçoivent et il a encouragé le travail et le commerce, car si on favorise seulement les oeuvres de charité on aura une société qui repose sur l'économie de la rente et qui ne produit pas.





 Réponse N°11 6133

la légitimité religieuse...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 09-09-10 à 15:49



A marocagreg,

Vous avez dis: " A ce propos, je crois qu'en matière de religion, il faut être prudent et ne pas formuler des jugements à la hâte. ces banques islamiques sont supervisées par des gens dont la légitimité religieuse et la science légale est reconnue par tout le monde. les comités religieux de tous les pays musulmans du monde se sont mis d'accord, d'après les préceptes religieux, sur la légitimité des banques islamiques et leur accord avec l'esprit de l'islam. Un musulman ordinaire comme moi et comme toi et qui n'a pas une science aussi approfondie, ne peut pas venir et déclarer ces banques comme des institutions hypocrites qui ne font que masquer l'usure sous le masque du commerce."

Voilà le premier vrai point de désaccord entre vous et moi!

Vous croyez que les banques dites "islamiques" prennent leur légitimité des "Oulémas" du monde islamique et qui font unanimité dans ce sens! Mais d'après mes modestes recherches, j'ai constaté qu'il en n'est rien! Beaucoup d'autres "Oulémas" contestent et avec - véhémence les pratiques de ces banques!

Vous l'avez déjà dis: pour légitimer une chose, il suffit de lui trouver une légitimité. Ni plus ni moins! La chose est grave! c'est le plus fort qui dicte ses propres règles /lois!

Résultat: les banques dites islamiques ne font pas unanimité de la part des "oulémas"! Leurs pratiques n'ont rien avec le travail productif! qui sous-tends effort et risque...

Voilà le deuxième vrai point de désaccord entre vous et moi!

Vous avez dit: " Personnellement, je ne vois là aucune hypocrisie, sinon on va considérer tous les commerçants comme des hypocrites ! "

Le travail! Un mot qu'on veut dénaturer! Un mot qu'on veut décharger de son sens!

-Le travail veut que cette banque achète des Biens pour les revendre en assumant profit et perte!

- Le travail veut que cette banque achète des terrains, des maisons, des sociétés en difficultés pour sauver leurs employés du chômage!

- Le travail veut que cette banque accorde des empreints sans profit car il profite de centaines de milliards de dollars, de fonds déposés par des millions de vrais musulmans qui ne tirent aucun profit de cette déposition!

- Le travail veut que cette banque participe au développement des pays islamiques pauvres, avec le système des micros-crédits pour les aider à sortir du cauchemars de la pauvreté...

- Le travail veut que cette banque travaille avec le CAPITAL pour le fructifier et non se sert de lui pour faire des transactions dans le papier!

Mon credo: La banque islamique n'est pas l'islam! La banque islamique d'aujourd'hui est une machine à sous. C'est à NOUS ( les musulmans: chacun avec ses possibilités, son rythme et son énergie) de réfléchir à la manière de la rendre juste, équitable et islamique...

NB- Je suis entrain de travailler ( au vrai sens du terme) dans ce sens...

Tout cela, avec la modestie du musulman!

A suivre...




 Réponse N°12 6134

re
  Par   marocagreg  (Adminle 09-09-10 à 16:06

Dans ce cas là je vous propose de ne plus parler de banque islamique, mais de maison de charité !

est-ce que vous pouvez nous citer quelques oulémas reconnus qui contestent le principe de la banque islamique avec la référence si possible ?




 Réponse N°13 6135

l'économie de la rente
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 09-09-10 à 16:12

Vous avez trouvé le mot juste! L'économie de la rente, voilà le vrai travail des banques taxées d'islamique!

Vous avez écrit:

"Le commerce ne signifie pas le travail, mais échange, négociation, transit. la banque fait partie du secteur tertiaire qui octroie un service et ce service est aussi important que le travail, car il le crée, le finance et l'encourage."

Vous avez donné là la définition de la banque traditionnelle usurière! Cette banque " ...octroie un service et ce service est aussi important que le travail, car il le crée, le finance et l'encourage."

Voilà le troisième vrai point de désaccord entre vous et moi!

vous avez dis: " Vous dites que les banquiers doivent travailler dur comme des ouvriers pour gagner leur argent. je considère que c'est une vision populiste et simpliste,.."

Or, le travail demande effort! Mais pas comme vous venez de décrire: " ...prendre la bêche, la pelle ou la faucille,.." Mais en achetant et en vendant. Mais cette fois de vrai. Pas seulement dans du papier! Cela s'appelle de la spéculation ni plus ni moins! Mais en se cachant derrière les mots!

D'ailleurs, je vous demande, cher marocagreg, de faire une petite recherche autour de l'expérience: CAPITAL-RISQUE utilisée par certaines banques aux Etats-Unis, dont les banques dites islamiques doivent en tirer enseignement!

En attendant, je vous invite à me laisser un peu de temps pour mettre sur papier/écran ma façon de voir opérer les banques dites islamiques...J'ai l'opérationnalisation claire dans mes neurones...

A suivre...





 Réponse N°14 6136

khalti fransa hia lli galtha lina !
  Par   marocagreg  (Adminle 09-09-10 à 16:23

allez-y, je vous laisse un peu respirer pour concrétiser ce qui se trame dans vos neuronnes.

En lisant l'article consacré à la banque islamique sur wikipédia, je viens de me rendre compte que notre problème vient du fait que nos responsables ont tété leurs savoirs dans le pis de madame France qui , contrairement à beaucoup de pays occidentaux, applique aux financements islamiques une double taxation et les rend par conséquent peu attractifs ; et comme nous importons la majorité de nos produits de notre premier partenaire économique, on a importé même le comportement absurde à l'égard de ses financements... quelle aliénation à khalti fransa !




 Réponse N°15 6137

voir ces deux adresses!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 09-09-10 à 16:52



Il s'agit du bulletin officiel des impôts autour des banques islamiques et sa critique par Riposte laïque...

http://www.lexisnexis.fr/pdf/DO/Finance_islamique_xBOI_4_FE-09x.pdf

http://www.ripostelaique.com/Par-construction-la-finance.html

La France prépare l'entrée des banques islamiques dans son territoire...





 Réponse N°16 6153

une finance éthique accessible au grand public...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 10-09-10 à 00:12



SALON FINANCIER. L’islamologue plaide pour une finance éthique accessible au grand public, et tance l’approche mercantiliste.

Tariq Ramadan dénonce l’hypocrisie de la finance islamique en marge d’Investissima

Myret Zaki

Après huit ans à Lausanne, le salon Investissima s’est offert une 9e édition à Genève pour la première fois, doublé d’une tribune de réflexion, le Geneva World Financial Forum. Trois jours de conférences ont offert des thèmes actuels et de qualité (lire ci-dessous). Mais l’accueil du public a été froid. Genève n’a pas fait mieux que Lausanne. Un accès laborieux à la Halle 7 de Palexpo, un arrière-plan boursier chahuté et des horaires peu pratiques n’ont pas motivé les visiteurs (lire ci-dessous).

Ce n’est pourtant pas la qualité des orateurs et le niveau des conférences qui ont fait défaut. Un des moments forts a été l’intervention de Tariq Ramadan. L’intellectuel genevois de renom, qui vit actuellement à Londres, s’est penché sur le phénomène de l’essor de la « finance islamique ». Il a mis en garde contre « l’hypocrisie » qui règne sur ce marché. Florissante depuis trois ans, cette industrie crée des produits financiers pour les investisseurs musulmans respectueux de la charia, ou loi dérivée du Coran. Mais ses promoteurs « ne font en réalité que remplacer le langage financier classique par une terminologie spécifique, déplore l’islamologue : en gros, on change les noms, mais on fait la même chose ».

Ainsi, la finance islamique a réussi, au gré d’une savante ingénierie financière, à trouver des substituts conformes à l’islam à tous les instruments de placement, des plus sûrs aux plus spéculatifs : on trouve des obligations islamiques (sukuk) qui contournent l’intérêt, prohibé en islam, grâce à la technique de « ijara ». Et si l’islam interdit la spéculation, des équivalents licites aux options et produits dérivés ont été échafaudés (« arbun » ), permettant l’essor des produits structurés islamiques. Même la vente à découvert, pratiquée par les hedge funds, devient islamiquement correcte avec l’usage d’un contrat à terme qui évite l’endettement. « L’approche, dit Tariq Ramadan, est trop utilitariste, et sa dimension éthique reste marginale. »

La forte technicité qui s’est emparée de ce domaine ne doit pas éclipser les vrais enjeux, avertit Tariq Ramadan : « Tout cela est-il réellement une nouvelle façon de penser l’économie ? » Non, c’est d’abord un marché lucratif qui utilise ces techniques pour viser à réaliser le même rendement que la finance traditionnelle.

Elitiste, cette industrie cible avant tout les fortunes des pétromonarchies, poursuit Tariq Ramadan, tandis que les classes moyennes et les PME musulmanes peinent à trouver des services bancaires respectant leur éthique. Même en Grande-Bretagne, note l’intellectuel, pays le plus avancé d’Europe sur ce plan, on trouve certes des hypothèques « halal » (licites) auprès de HSBC ou de l’Islamic Bank of Britain, mais l’on est encore très loin de répondre à la demande et de favoriser la création d’entreprises. Ainsi, les prêts islamiques (« Musharaka » ) restent réservés aux gros projets et inaccessibles aux particuliers et PME. « Sur le terrain, note-t-il, l’espoir vient des financements alternatifs offerts par les instituts de microcrédit, comme la Banque islamique de développement. »

L’éthique en finance, une affaire universelle

En soi, juge Tariq Ramadan, l’appellation « finance islamique » est problématique. « Il convient plutôt de parler d’éthique islamique en économie. » Car, pour lui, c’est d’abord d’éthique qu’il s’agit. Et l’approche éthique de l’investissement, qui fait défaut à l’heure actuelle, n’est pas l’apanage d’une religion. Le sens de l’équité, la redistribution des richesses (principe de la « zakat » en islam) et l’enrichissement par le seul capital productif tiré du commerce légitime sont des principes éthiques avant d’être islamiques. « Ces valeurs élevées existent dans toutes les traditions religieuses et humanistes, et devraient insuffler une pensée renouvelée dans notre pratique de la finance », conclut le philosophe.

(Source : « Le Temps » (Suisse), le 22 mai 2006)

Voir source: http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:fHDuP-Y-V3oJ:www.tariqramadan.com/Tariq-Ramadan-denonce-l-hypocrisie.html+Tariq+Ramadan.+discours+sur+banque+islamique&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=ma

A suivre.....





 Réponse N°17 6155

re
  Par   marocagreg  (Adminle 10-09-10 à 01:12

vous savez bien que Tariq Ramadan ne peut être une référence viable pour nous. Vivant en occident depuis longtemps, il cherche souvent à faire plaisir aux occidentaux, à mettre en place un islam occidentalisé !




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